23 Septembre 2011
Le soleil de Toulouse a aujourd’hui galvanisé l’ensemble du clan français. 5 de ses membres apparaissent dans les 10 premières places. L’empoignade va démarrer demain matin, mais pour l’instant la douceur de l’endroit incite encore plus à la petite confidence qu’à la guerre de tranchées.
Certains jouaient du piano debout. D’autres, pour cultiver leur singularité, parlent beaucoup de tout et de rien, accessoirement même un peu de golf. Et le Jean-François Remesy que nous avons retrouvé ici en tant que parrain du tournoi fait partie de cette catégorie de gens qui aujourd’hui attendent avant tout du golf qu’il soit un plaisir. Ne comptez pas sur lui pour vous raconter sa carte trou par trou ; en revanche l’entendre stigmatiser les chaos actuels de la bourse, l’entendre s’insurger sur ceux qui fraudent le fisc, l’entendre raconter, l’œil gourmand, sa dernière folie en matière de voiture a quelque-chose de formidablement frais. De ses années de champion de golf, Jean-François, qui a pourtant essuyé de mémorables et durables tempêtes, n’a retenu que le meilleur. Et c’est aujourd’hui un homme et un joueur de golf apaisé qui se produit sur le terrain, et le résultat confirme : avec 2 tours conclus en -2, Jeff, qui n’a pas consacré une seule minute de son temps à l’entrainement ces dernières semaines, passera le week-end à Toulouse.
Complémentaires
« Je m’appelle Jean Boudrant, je suis restaurateur à Toulouse et passionné de golf depuis 5 ans (index 11). Depuis plusieurs années, je suis commissaire dans l’organisation du tournoi, et j’aimerais cette année vivre une autre expérience en vous caddeyant ». Ce mail, envoyé il y 1 mois, 6 joueurs français l’avaient reçu. Un d’entre eux a pris la proposition pour argent comptant, et, au soir de ce deuxième tour, ce joueur occupe la 4 ème place du classement. C’est la belle histoire de Damien Perrier et de Jean Boudrant qui, depuis jeudi matin, cheminent côte à côte sur les fairways de Seilh, pour le plus grand bonheur de l’un et de l’autre : Damien : « Etant actuellement à la recherche d’une nouvelle attitude sur le terrain, je trouve bien d’avoir à mes côtés un adulte, père de famille, que je connais très peu, et devant lequel je n’ai pas le droit de dégoupiller. Il me canalise ». De l’autre côté du sac, le son de cloche est identique, seule la formulation change ; Jean : « C’est la première fois de ma vie, je suis très stressé. J’ai d’ailleurs dit à Damien que, compte tenu de sa position, si, pour le 3ème tour, il souhaitait prendre un caddy plus expérimenté, je céderais volontiers ma place » Fin de non recevoir du joueur. On n’arrête pas en chemin une si belle aventure.
Légaliste
Certains auraient peut-être tiré le rideau dès hier soir, mais après avoir joué +9 lors du premier tour, Alexandre Mandonnet a tenu à honorer de sa présence ce deuxième tour. Et ce n’est que ce soir, après avoir joué -4, qu’il a rangé dans son sac ses clubs vieux de 10 ans. Car, on le sait, Alexandre a complètement arrêté la compétition pendant 2 ans. Et pendant ce temps, la réglementation en matière de clubs a changé. Et, incidemment, le joueur s’est aperçu juste avant de partir pour Toulouse, que ses clubs n’étaient plus conformes. Inventaire de stock dans le grenier ; il finit par tomber sur un jeu de cannes agréées par le nouveau règlement. Ca fera l’affaire… Sauf que, ces clubs-là, Alexandre n’avait plus posé le gant dessus depuis 10 ans, et qu’il les a redécouverts quelques minutes seulement avant de planter le tee au 1 pour son premier tour. Et, en fait, ça n’a pas vraiment fait l’affaire. Mais Alexandre Mandonnet était tout de même souriant ce soir ; et pour cause : il s’apprêtait à partir à la cut party, organisée ce soir dans un établissement paraît-il très chaud du centre de Toulouse. Le genre de truc qu’Alexandre le légaliste aime bien.
Eric Gendry
Photo : FFGolf Production








